De manière générale, 2 à 4 lignes parcourent la base de nos poignets. En chiromancie, elles sont nommées rascettes — parfois orthographiées rassettes. Les praticiens se divisent sur leur interprétation, et j’aimerais vous donner mon point de vue sur le sujet : remettre les bracelets là où ils appartiennent, c’est-à-dire au poignet, ni plus ni moins.
De la chiromancie sur le poignet ?
Si vous lisez cet article, vous savez probablement déjà que la lecture des lignes de la main apporte un grand nombre d’informations sur la vie personnelle, professionnelle et la personnalité d’une personne. Chaque ligne est une porte d’entrée sur certains aspects de notre existence : la ligne de tête, par exemple, parle de notre façon de penser, de notre raisonnement et de notre rapport au travail.
Certains praticiens partent du principe que les lignes présentes au poignet donnent elles aussi des indications sur notre vie — après tout, c’est la jonction entre la main et le bras, et il semblerait logique de les prendre en compte. Cette lecture des rascettes est surtout relayée dans les ouvrages occidentaux des XIXe et XXe siècles.
Mais à mon sens, ce n’est pas aussi simple que cela. Desbarolles et Cheiro, deux chiromanciens de référence de cette période, affirment que les rascettes seraient liées à la longévité : 1 bracelet = 25 à 30 ans de vie. Problème n°1 : il n’existe aucun élément fiable qui confirme cette interprétation. Au contraire. Et problème numéro 2 : en France, il est interdit de parler de santé et d’état vital si l’on n’est pas médecin.

Qu’apportent les rascettes ?
Les rascettes sont des lignes situées en dehors de la paume à proprement parler. Elles se trouvent à la base de la main, à la jonction avec le bras, et ne constituent pas en elles-mêmes une source fiable d’information divinatoire.
Elles ont néanmoins un rôle intéressant : étant à la base de la main, elles sont reliées à la dimension matérielle et incarnée de notre vie. Ce qui les rend utiles, ce ne sont pas leurs propres caractéristiques, mais le fait que certaines lignes de la paume viennent s’y prolonger ou s’y terminer, et c’est là que l’information se trouve : dans ces connexions.
Par exemple
Juste au-dessus du poignet se trouvent 2 monts, celui de Vénus qui est lié à la sensualité, à l’amour et la grâce, et le mont de la Lune qui lui est lié à l’imagination, la créativité et l’intuition.
Si par exemple, la ligne de destin (qui est la ligne parlant de réussite financière et de stabilité dans la vie) démarre entre ces 2 zones en étant reliée au poignet, la personne est susceptible de tirer profit de l’appréciation du public ainsi que de ses proches et la personne va obtenir de l’argent. Car le mont de Vénus est celui de la tentation et de l’amour couplé au mont de la Lune qui est celui de l’imagination. Et la ligne de destin va jusqu’au point qui accentue la réussite matérielle de la personne, ce qui montre des convictions et des projets forts.

Les rascettes au fil du temps
Cette « mythologie » des rascettes semble trouver son origine dans la Grèce antique — du moins selon une tradition souvent racontée, mais jamais sourcée par un texte écrit identifiable à ma connaissance. Il est rapporté que les prêtres grecs analysaient les mains des jeunes femmes souhaitant se marier, et que si le premier bracelet prenait une forme arquée en direction de la paume, cela était interprété comme un signe de fragilité des organes reproducteurs, voire de stérilité probable.
Cette tradition a largement été reprise par les chiromanciens occidentaux du XIXe siècle, mêlée à d’autres lectures, et aurait contribué à forger ce lien entre rascettes et longévité que l’on retrouve encore aujourd’hui dans de nombreux ouvrages.
Ce que je pense concrètement des rascettes
Je suis convaincu que les rascettes ne parlent pas de longévité ou de fertilité. Ce sont des affirmations qui circulent dans la littérature chiromantique sans fondement solide, et que je ne retrouve pas confirmées dans ma pratique. Par exemple, sur mes dernières lectures palmaires, plusieurs personnes n’avaient qu’un seul bracelet au poignet, et ils avaient plus de 60 ans.
Ce que j’observe, c’est que les rascettes fonctionnent comme une zone de passage : des lignes naissent de la paume et viennent s’y ancrer, ou, au contraire remontent vers des monts spécifiques. C’est dans ces trajectoires que réside l’information, pas dans le nombre de bracelets ou leur aspect général. Lire les rascettes de façon isolée, c’est comme lire une phrase en ignorant le reste du paragraphe.
Donc, vous l’aurez compris, je pense qu’il vaut mieux avoir une bonne lecture palmaire plutôt que d’inventer et reprendre des interprétations infondées et pouvant mettre en porte-à-faux la personne en face.









